lundi 26 novembre 2012
Huisserie visserie...
Nous avons reçu un courrier officiel truffé de fautes d'ortaugrafe de Véronique Bourrel, à moins qu'il ne s'agisse de Michel Irion, tous deux huissiers de justice. Outre les amabilités d'usage, ce volumineux dossier contient des photos mal prises de notre intérieur tout chaud encore de notre présence, ainsi qu'une menace dont voici le contenu: des détails assommants assortis de chiffres en gras et en toutes lettres.
Nous sommes convoqués au Tribunal d'Instance à l'audience du mercredi douze décembre deux mille douze (12/12/2012, joli, non?) a huit heures trente (8 heures 30) salle 100.
Nous nous rendrons donc sur ce champ à l'heure dite, accompagnés de deux témoins ainsi que de notre Avocat de compétition, à la poignée molle mais au coeur grand comme une maison.
Ces larrons attendent du juge:
-qu'il statue sur le sort des biens qui n'auraient pas été retirés avant le jour de l'audience.
-qu'il ordonne la vente aux enchères publiques des objets mobiliers possédant une valeur marchande selon l'inventaire annexé au présent acte.
-qu'il déclare abandonnés les objets mobiliers n'ayant aucune valeur marchande selon l'inventaire indexé au présent acte.
-qu'il condamne la partie expulsée à supporter les frais d'enlèvement et de destruction de ces biens abandonnés.
-qu'il condamne la partie expulsée en tous les dépens, outre la somme de 300 euros sur la base des dispositions de l'article 700 du Code de Procédure Civile.
Voilà. Avant, en Chine Populaire, ils faisaient payer la balle aux familles des condamnés à mort.
Bientôt on vous fera un estimatif de ce que nous avons coûté à la collectivité durant nos six années de présence, puis de ce qu'ils ont dépensé pour obtenir une maison vide, procès, vigiles, portes anti-squat, etc. Ce sera significatif.
A bientôt.
vendredi 23 novembre 2012
Ca vous coûtera cher de les foutre en l'air!
Bien sûr, on commence à s'organiser pour le futur procès que nous intente le cabinet d'Huissier Irionbourrel.
Promis on vous donne bientôt l'énoncé précis des différents sévices auxquels ils veulent nous voir soumis...
Oui oui, on vous parlera bientôt aussi de notre sixième anniversaire posthume...
Mais évidemment aujourd'hui nous avons le regard dirigé vers l'ouest, où la lutte contre l'aéroport et le Monde qui le rend nécessaire bat son plein.
Là-bas aussi, le Parti Socialiste est aux commandes des flics et des tractopelles. Là-bas aussi, Europe Ecologie Les Verts veut ménager la chêvre et le chou, et voudrait l'image de la lutte sans la lutte. Là-bas aussi, des investisseurs toussotent d'impatience devant ce fâcheux contretemps.
Là-bas aussi...
Alors comprenez que nous vivions cet affrontement comme une revanche.
Bravo à tous et toutes.
mercredi 21 novembre 2012
10 jours qui n'ébranlèrent pas le monde...
Hé oui, petit break, dix jours sans rien poster sur ce blog.
Dix jours loin du journalisme, de la quête vaine de l'actu, de la phrase choc et du visu décalé. Ce n'est pas plus mal, à force on y prend goût et on se prend à parler de tout et n'importe quoi juste pour faire semblant d'avoir quelque chose à dire. Beaucoup de flux, peu de contenu.
Alors quoi de neuf depuis le temps? Nous avons pu souffler un peu. Nous avons subi le contrecoup des semaines passées, avec son lot de colères rentrées, de tristesse impuissante ou de tensions éprouvantes vis-à-vis de l'adversaire, mais également entre nous. Sortir la tête de tout ça. S'y replonger. Rejouer les scènes mille fois, savoir enfin ce qu'il aurait fallu faire. Oh, et puis finalement peut-être pas.
Evidemment, pendant ce laps de temps, nous n'avons pas été épargnés par le contact visqueux des émissaires du Pouvoir. Une brochette de joyeux personnages assermentés avait convié aimablement Papier Gâchette à venir récupérer leurs quelques tonnes d'affaires, géants de fonte typographique, rouleaux de pierre et tables de sérigraphie. Les copines en ont profité pour nous inviter à profiter de l'aubaine en récupérant nos effets par la même occasion.
Ce ne furent pas des moments faciles, ces trois jours durant lesquels on entrouvrit les portes du 2 route des Romains. Huissiers ultra-stressés, administratifs livides, flics en faction, une ambiance de contrôle absolu avec récolte des identités, photographies des objets emportés, interdiction de séjour de certains habitants punis. Ces moules à gaufres semblaient terrorisés à l'idée que des hordes de barbares déboulent couteau entre les dents afin de réinvestir le 2. Tel était en effet notre plan. Hélas le Drakkar de notre comité de soutien a subi une avarie technique.
La vingtaine d'amis et d'amies venus aider ne s'est pas laissé décourager par ces tentatives d'intimidation, merci à eux! Voici donc la plupart de nos affaires disséminées dans quelques caves et greniers avoisinants en attendant mieux. Nous avons reçu à ce propos une missive de notre cabinet d'Huissier préféré, Irion & Bourrel (Villeroy & Boch était déjà pris...): nous sommes bel et bien convoqués le 12 décembre au Tribunal pour nous faire punir. Vous en saurez plus au prochain épisode!
A bientôt donc.
(Le joli tampon illustrant cet article est une création du Tampographe Sardon. Allez voir ce qu'il fait, c'est tout à fait cocasse! )
dimanche 11 novembre 2012
Roms contre Romains ? ça suffit !
Au matin même du 30 octobre 2012, au
cours de notre expulsion, on a pu entendre des messages de compassion
à notre égard, messages au contenu des plus douteux : nous
expulser, nous, les Romains, alors qu’on laisse les Roms
tranquilles !
On pourrait laisser croupir ces
témoignages touchants de générosité là où ils le méritent
s’ils n’avaient qu’un caractère exceptionnel.
Hélas il semble qu’ils revêtent les
puants atours de la banalité.
Les Roms sont au centre des
préoccupations de ceux qui n’ont pour autre but que de protéger
leur pré carré, où déjà ils pourrissent. L’expulsion du 2,
route des Romains constitue pour eux une aubaine de taille :
faire sortir de l’égout leurs récriminations en s’appuyant sur
des squatteurs qu’ils n’auraient pas plus aimés ni tolérés si
la haine qu’ils vouent aux Roms n’avait été plus grande.
Squatteurs, peut être, mais au moins ils sont blancs, devine t-on en
filigrane sur certaines lèvres.
L’égoïsme, c’est le contraire de
la solidarité. On a beau retourner dans tous les sens ce type de
témoignage, on n’y trouve aucune trace de solidarité : en
quoi instrumentaliser une expulsion pour en réclamer d’autres,
plus massives, constitue t-il un acte de solidarité ? Dans une
ville qui s’enorgueillit de ses kilomètres de pistes cyclables,
certains, au pouvoir, dans l’opposition, ou dans la rue, semblent
désirer plus de vélodromes...
Nous n’avons que faire des
« soutiens » dont le seul but est de manifester haine,
peur ou égoïsme : les larmes d’émotion que nous procurent
ces témoignages de sympathie ont par trop le goût de la lacrymo.
Que faire dans ce bourbier ?
Ceux qui nous ont jeté dehors ont
voulu au préalable nous diviser ; il n’en a pas été ainsi.
D’autres s’indignent de notre expulsion afin de séparer le bon
grain de l’ivraie. Les vendanges 2012 sont calamiteuses !
Mais nous ne cesserons de le répéter :
une expulsion, locative ou pas, d’un quartier ou d’un territoire,
est une expulsion de trop !
vendredi 9 novembre 2012
Pour information
Bon ben après quelques litres de sueur, l'onglet images et vidéos est à présent en mesure de récapituler les différentes vidéos disponibles. Evidemment, on a pas eu trop le temps de jouer les vidéastes ces derniers temps, donc que du vieux pour l'instant, mais ça va viendre.
A tout bientôt!
A tout bientôt!
30 millions d'amis
Un inconnu nous a adressé un message via le Fessebouc de soutien au 2 route des Romains. Ses admins nous l'ont fait suivre. Outre son style fleuri, ce message condense une série de malentendus auxquels il nous donne l'occasion de répondre. Le voici in extenso:
"TU VEUX ETRE MARGINAL ? TU VAS A LA CAMPAGNE AVEC TON GROUPE DE BOUFFONS DANS UNE CABANE AVEC DES VACHES Alors ke ton papa est ingénieur, ... VOTRE GROUPE D'ABRUTI est un parasite, vous troublez l'ordre public BANDE DE CONARD, ALLEZ VIVRE COMME LES ROMS QUI ONT PLUS DE MERITE QUE VOUS !
la ville de Strasbourg vous a donné la chance de vous héberger alors qu'un loyer d'une maison comme ça est de 1 000 € par mois et vous, vous en avez profité pour y faire des fiesta, MENACER DES GENS DE MORT, je tiens à préciser que DEPUIS L'EXPULSION, ce groupe dort encore dans la maison alors je vais prévenir les FORCES DE L'ORDRE et là, ça sera à coup de matraque que l'on vous dégagera, VOUS ETES DES MICROBES DANS MA VILLE QUE J'AIME : STRASBOURG
LA VILLE VOUS A OFFERT UNE MAISON POUR HEBERGER DES GENS EN DIFFICULTES ET VOUS, vous en avez profitez pour faire la fête avec merguez, bières ... MOI, JE SUIS HEUREUX QUE DES FILS DE PUT COMME VOUS, SONT FOUTU DEHORS ... allez crever 1 par 1 de froid, je le souhaite ; Moi aussi, je pourrai être marginal comme vous pauvre crétins avec tes 3 dents et la Flora, cette putin
VOUS AVEZ SIMPLEMENT PERDU UN ENDROIT OU VOUS POUVIEZ FAIRE LA FETE, C'EST TOUT !
et votre banderole, apprenez à écrire ! tous les gens se foutent de votre gueule PAUVRE CONARD QUI VIENNENT D'AUTRES REGIONS !
SALE PROFITEUR, ALLEZ CREVER DESORMAIS ! JE SAIS QUE VOUS DORMEZ ENCORE DANS LA MAISON MAIS JE VAIS LA BRULER DANS QUELQUES JOURS DURANT VOTRE SOMMEIL, DONC JE VOUS CONSEILLE DE VOUS TENIR SUR VOS GARDES
avec vos fleurs en marquant : "à notre maison Chérie"
VOTRE MAISON ? TU ES CULOTER, C LA MAISON DE LA MAIRIE PAUVRE CRETIN, JE TE FOUETRAI DES POINGS DANS LA GUEULE SI T'ETAIUS DEVANT MOI AVEC TON GROUPE DE BLEDARD
CASSEZ-VOUS OU JE VOUS CREVE ! JE PENSE AVOIR ETE CLAIR ! "
signé: X (Nous avons masqué le nom eu égard au commentaire suivant.)
Cher X,
merci pour ta gentille lettre. Nous pensons que tes informations sont erronées sur certains détails.
Nous ne souhaitons pas spécialement être marginaux.
La Ville ne nous a absolument pas "offert" une maison, elle l'a au contraire achetée il y a sept ans et demi pour qu'elle reste vide, disponible pour les travaux d'aménagement futurs. Il y a maintenant six ans qu'ils essayent de nous déloger, et dès le début ils ont argué de l'imminence des travaux. Nous nous sommes donc logés par nous-mêmes et c'est bien ce qu'ils nous reprochent.
Nous n'habitons plus dans la maison puisque nous avons été expulsés par les forces de l'ordre, conformément à tes voeux. Si tu vois encore de la lumière en passant devant, c'est que la boîte de sécurité qui surveille les lieux ne s'habitue pas à l'obscurité. Si donc tu brûles la maison, préviens Polyguard avant, tu risques de te tromper de victimes.
Par contre, et la franchise nous oblige à le reconnaître franchement malgré la honte que ces révélations font peser sur nos familles: C'est vrai, certains d'entre nous sont originaires d'autres régions. C'est vrai, nous avons parfois fait la fête dans cette maison. Nous y avons même bu de la bière.
L'histoire nous jugera.
la ville de Strasbourg vous a donné la chance de vous héberger alors qu'un loyer d'une maison comme ça est de 1 000 € par mois et vous, vous en avez profité pour y faire des fiesta, MENACER DES GENS DE MORT, je tiens à préciser que DEPUIS L'EXPULSION, ce groupe dort encore dans la maison alors je vais prévenir les FORCES DE L'ORDRE et là, ça sera à coup de matraque que l'on vous dégagera, VOUS ETES DES MICROBES DANS MA VILLE QUE J'AIME : STRASBOURG
VOUS AVEZ SIMPLEMENT PERDU UN ENDROIT OU VOUS POUVIEZ FAIRE LA FETE, C'EST TOUT !
et votre banderole, apprenez à écrire ! tous les gens se foutent de votre gueule PAUVRE CONARD QUI VIENNENT D'AUTRES REGIONS !
SALE PROFITEUR, ALLEZ CREVER DESORMAIS ! JE SAIS QUE VOUS DORMEZ ENCORE DANS LA MAISON MAIS JE VAIS LA BRULER DANS QUELQUES JOURS DURANT VOTRE SOMMEIL, DONC JE VOUS CONSEILLE DE VOUS TENIR SUR VOS GARDES
avec vos fleurs en marquant : "à notre maison Chérie"
VOTRE MAISON ? TU ES CULOTER, C LA MAISON DE LA MAIRIE PAUVRE CRETIN, JE TE FOUETRAI DES POINGS DANS LA GUEULE SI T'ETAIUS DEVANT MOI AVEC TON GROUPE DE BLEDARD
CASSEZ-VOUS OU JE VOUS CREVE ! JE PENSE AVOIR ETE CLAIR ! "
signé: X (Nous avons masqué le nom eu égard au commentaire suivant.)
Cher X,
merci pour ta gentille lettre. Nous pensons que tes informations sont erronées sur certains détails.
Nous ne souhaitons pas spécialement être marginaux.
La Ville ne nous a absolument pas "offert" une maison, elle l'a au contraire achetée il y a sept ans et demi pour qu'elle reste vide, disponible pour les travaux d'aménagement futurs. Il y a maintenant six ans qu'ils essayent de nous déloger, et dès le début ils ont argué de l'imminence des travaux. Nous nous sommes donc logés par nous-mêmes et c'est bien ce qu'ils nous reprochent.
Nous n'habitons plus dans la maison puisque nous avons été expulsés par les forces de l'ordre, conformément à tes voeux. Si tu vois encore de la lumière en passant devant, c'est que la boîte de sécurité qui surveille les lieux ne s'habitue pas à l'obscurité. Si donc tu brûles la maison, préviens Polyguard avant, tu risques de te tromper de victimes.
Par contre, et la franchise nous oblige à le reconnaître franchement malgré la honte que ces révélations font peser sur nos familles: C'est vrai, certains d'entre nous sont originaires d'autres régions. C'est vrai, nous avons parfois fait la fête dans cette maison. Nous y avons même bu de la bière.
L'histoire nous jugera.
et votre banderole, apprenez à écrire ! tous les gens se foutent de votre gueule PAUVRE CONARD QUI VIENNENT D'AUTRES REGIONS !
SALE PROFITEUR, ALLEZ CREVER DESORMAIS ! JE SAIS QUE VOUS DORMEZ ENCORE DANS LA MAISON MAIS JE VAIS LA BRULER DANS QUELQUES JOURS DURANT VOTRE SOMMEIL, DONC JE VOUS CONSEILLE DE VOUS TENIR SUR VOS GARDES
avec vos fleurs en marquant : "à notre maison Chérie"
VOTRE MAISON ? TU ES CULOTER, C LA MAISON DE LA MAIRIE PAUVRE CRETIN, JE TE FOUETRAI DES POINGS DANS LA GUEULE SI T'ETAIUS DEVANT MOI AVEC TON GROUPE DE BLEDARD
CASSEZ-VOUS OU JE VOUS CREVE ! JE PENSE AVOIR ETE CLAIR ! "
signé: X (Nous avons masqué le nom eu égard au commentaire suivant.)
jeudi 8 novembre 2012
Rencontre avec le Maire
Monsieur le Maire était ce soir en goguette à la Scala du Neudorf, afin d'aller à la rencontre de ses administrés, d'écouter leurs doléances et de les assurer de son total engagement dans toutes les affaires qui les préoccupent. Jusqu'à la semaine dernière, nous étions des habitants de Koenigshoffen, mais il se trouve que notre expulsion nous a déracinés de ce quartier, c'est donc en tant qu'habitants de la C.U.S., et par voie de conséquence du Neudorf entre autres, que nous nous sommes invités à cette petite sauterie. Depuis l'irruption des Huissiers et autres sbires dans notre quotidien, c'était la première fois que nous avions ces élites en face de nous. Nous avons pu ainsi leur faire part de notre colère d'avoir été jetés à la rue.
Pour la petite histoire, il se trouve également que nous avons eu au téléphone l'assistante de Maître IRION huissier de justice, afin de savoir quand nous pourrions récupérer nos petites affaires restées prisonnières au 2 route des Romains. Nous avions cru comprendre que l'article 65 de la loi n°91-650 du 9 juillet 1991 nous permettait pendant un mois consécutif à l'expulsion de nous mettre en contact avec cette aimable personne pour cela. Or notre interlocutrice nous informa avec une compassion non dissimulée que cette loi avait été entretemps abrogée, et qu'une mystérieuse audience avec un non moins mystérieux juge traiterait de cette question épineuse le 12 décembre.
Vae victis, comme dirait l'autre. Double peine, en quelque sorte.
Le jour de l'expulsion, nous aurions du penser à emmener nos lits.
On ne se laissera pas faire, rogntudju!
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